
Source : https://skepticalinquirer.org/2023/06/the-ideological-subversion-of-biology
Avant-Propos : Dans notre société contemporaine, la science occupe une place prépondérante, offrant des avancées et des découvertes qui façonnent notre compréhension de la nature et de l’univers. Cependant, la mission première de la science, celle de chercher la vérité et de comprendre le monde qui nous entoure, est parfois entravée par des pressions idéologiques. C’est précisément cette question que soulève le résumé ci-dessous.
Le résumé aborde la manière dont la science peut retrouver son rôle fondamental en dépit de ces pressions idéologiques. Il met en évidence la présence d’une idéologie progressiste quasi-religieuse qui influence les scientifiques eux-mêmes, y compris ceux qui distribuent les subventions et évaluent les articles de recherche. Cette idéologie tend à privilégier l’égalitarisme radical, souvent au détriment des arguments scientifiques et des faits. Ainsi, l’égalité devient plus une question de loyauté envers une sous-culture libérale que d’une compréhension scientifique approfondie.
Face à cette situation, le résumé propose différentes approches pour restaurer la mission première de la science. Il suggère de promouvoir un égalitarisme libéral et une morale indépendante des différences biologiques. De plus, il souligne l’importance de distinguer la recherche scientifique de son utilisation par la société, tout en évitant d’exclure des domaines entiers de recherche pour des raisons idéologiques.
L’auteur met également en garde contre l’idée de puiser dans la nature pour déterminer ce qui est bon, moral ou normal, soulignant les erreurs que cela peut engendrer. Il attire l’attention sur le risque de limiter la liberté de recherche scientifique en imposant des croyances préconçues à la nature.
En somme, le résumé invite les scientifiques à prendre conscience des effets toxiques de l’idéologie sur leur domaine et à préserver la liberté académique nécessaire à la science. Il souligne l’importance de revenir à la recherche de la vérité et de comprendre que la politique et l’éthique ne devraient pas être conditionnées par des interprétations biaisées de la nature.
Cet article intitulé « La subversion idéologique de la biologie » est écrit par Jerry A. Coyne et Luana S. Maroja et a été publié dans une édition de juillet/août 2023 d’une revue de zététique.
L’article met en évidence une menace sérieuse pour la biologie provenant des politiques « progressistes » qui changent la façon dont la recherche est menée dans ce domaine. Il mentionne que certaines idéologies politiques délimitent des domaines de la biologie considérés comme tabous et interdisent leur financement gouvernemental ainsi que leur publication dans des revues scientifiques. De plus, ces politiques imposent des mots que les biologistes doivent éviter dans leurs écrits et dictent comment la biologie doit être enseignée aux étudiants et communiquée au public.
Les auteurs soulignent que cette idéologie politique nuit à la recherche scientifique en entravant la capacité des biologistes à enquêter sur des sujets d’intérêt et en réduisant le soutien à la recherche. Ils affirment que cette situation porte atteinte à la découverte de nouvelles connaissances et à la compréhension populaire de la science.
L’article propose six exemples de la manière dont l’idéologie politique a entravé ou déformé le domaine de la biologie évolutive et des organismes. L’un de ces exemples concerne la fausse affirmation selon laquelle le sexe chez les êtres humains n’est pas une distribution binaire, mais plutôt un spectre. Les auteurs expliquent que cette affirmation est fausse, car la plupart des êtres humains appartiennent à l’une des deux catégories distinctes : mâle ou femelle. Ils soulignent que le sexe biologique est déterminé par la capacité de produire des gamètes immobiles (œufs) ou mobiles (spermatozoïdes), et cette distinction est présente chez tous les animaux et plantes.
Les auteurs critiquent les idéologues qui propagent cette fausse affirmation et soulignent que la sélection naturelle a favorisé l’évolution de deux sexes distincts chez les espèces, ce qui est observé non seulement chez les humains, mais aussi chez tous les animaux et plantes. Ils concluent en notant que la remise en question de la dichotomie du sexe a des conséquences néfastes pour la recherche scientifique, l’enseignement et la compréhension publique de la biologie.
La controverse entourant les études sur la génétique comportementale et les différences entre les groupes ethniques. L’analyse GWAS (Genome-Wide Association Study) est considérée comme utile pour surveiller les individus en ce qui concerne les problèmes de santé génétiques, mais son utilité pour prédire les résultats scolaires est plus controversée. Bien que les différences génétiques puissent jouer un rôle dans l’intelligence, il est actuellement plus efficace de réduire les inégalités grâce à des réformes sociales et éducatives plutôt qu’en utilisant des scores polygéniques.
Cependant, comprendre la variation génétique sous-jacente aux résultats scolaires pourrait avoir des utilisations potentielles. Si des variantes génétiques qui répondent bien aux interventions éducatives ou sociales sont découvertes, il serait possible de cibler ces individus dès leur plus jeune âge. De plus, ces études génétiques pourraient aider à identifier les effets environnementaux en comparant les différences entre les individus ayant des scores génétiques identiques mais des résultats de vie différents.
La résistance aux études génétiques comportementales repose sur la perception erronée que l’influence génétique sur le comportement peut être entièrement surmontée et sur des associations passées avec l’eugénisme et le fanatisme. Cette résistance a conduit à des restrictions dans l’accès aux bases de données génétiques et à l’étouffement de la recherche sur la génétique comportementale, en particulier en ce qui concerne les comportements liés à la réussite scolaire et sociale.
Les notions de race et d’ethnicité sont des constructions sociales qui ont une signification biologique et génétique. Les populations humaines présentent des différences génétiques d’un endroit à l’autre, et ces différences ajoutées sur de nombreux gènes peuvent aboutir à des différences substantielles entre les populations. Les études génétiques des populations ont permis de retracer l’histoire des expansions humaines et d’attribuer des dates à la colonisation de différentes régions du monde. De plus, il existe des implications médicales dans les études génétiques des populations, notamment dans le diagnostic et le conseil prénatal de maladies génétiques associées à l’ethnicité.
Cependant, l’étude des différences comportementales entre les populations et les groupes ethniques reste un sujet tabou en raison des préjugés et du sectarisme. Les différences observables dans le QI et les résultats de vie entre les groupes sont bien connues, mais la question de savoir ce qui cause ces disparités est controversée. Les différences génétiques, les problèmes sociaux, les différences culturelles et les interactions entre les gènes et l’environnement peuvent tous jouer un rôle. Des études ont été menées, mais se sont principalement concentrées sur les descendants blancs d’Européens, et la prédictibilité des scores GWAS diminue considérablement lorsqu’ils sont appliqués à d’autres groupes ethniques.
L’auteur aborde plusieurs sujets liés à la biologie, à la science et à l’égalitarisme radical. Il cite Ernst Mayr, un biologiste évolutionniste, qui souligne que l’égalité malgré les différences évidentes requiert une stature morale souvent absente chez de nombreuses personnes. L’auteur critique l’idée selon laquelle les connaissances indigènes doivent être considérées comme équivalentes à la science moderne et enseignées de la même manière. Il mentionne des exemples tels que Matauranga Māori en Nouvelle-Zélande et les remèdes traditionnels à base de plantes en Afrique du Sud, soulignant que ces pratiques ne sont pas basées sur des méthodes scientifiques rigoureuses. L’auteur soutient que confondre ces modes de connaissances avec la science moderne risque de fausser la compréhension de ce qui constitue la connaissance et la nature de la science elle-même.
L’auteur discute également des implications de l’égalitarisme radical dans le domaine de la biologie. Il affirme que cette idéologie dissuade les scientifiques de mener des recherches sur certains sujets en instillant la peur de représailles. Les chercheurs qui étudient les différences génétiques entre les groupes peuvent être qualifiés de sexistes, racistes ou d’eugénistes, ce qui décourage de nombreux scientifiques de s’engager dans de telles études. En outre, l’auteur souligne que des exigences et des sanctions peuvent être imposées aux scientifiques dont les recherches remettent en question l’égalitarisme biologique.
L’auteur critique également les attaques contre le mérite scientifique et les appels à remplacer les évaluations basées sur le mérite par des systèmes tenant compte de l’identité de groupe. Il suggère que ces idées mettent en péril l’intégrité de la science en substituant des critères idéologiques à l’évaluation objective des compétences et des réalisations scientifiques.
La question de la manière dont la science peut retrouver sa mission principale de comprendre la nature et l’univers, malgré les pressions idéologiques qui viennent souvent des scientifiques eux-mêmes. Il soutient que l’idéologie, y compris l’égalitarisme radical, peut entraver la capacité de la science à atteindre la vérité objective.
L’auteur souligne que l’égalitarisme radical est une forme de foi résistante aux faits et aux arguments rationnels. Il compare cette idéologie à une religion, dans laquelle les scientifiques adhèrent à certaines croyances par loyauté envers une sous-culture libérale plutôt que par une compréhension scientifique approfondie.
Il est également mentionné que la science ne devrait pas décider comment ses découvertes doivent être utilisées par la société, mais plutôt se concentrer sur la recherche de la vérité. Cependant, il reconnaît que la science peut être mal utilisée à des fins nuisibles, mais cela ne devrait pas conduire à exclure des domaines de recherche entiers.
Une solution proposée est de promouvoir un égalitarisme libéral et une morale indépendante des différences biologiques. L’auteur affirme que l’égalité ne signifie pas que tous les groupes humains sont interchangeables, mais plutôt que les individus ne doivent pas être jugés ou contraints par les caractéristiques moyennes de leur groupe.
L’idée de se tourner vers la nature pour déterminer ce qui est bon, moral ou normal est également critiquée. L’auteur souligne que cette approche conduit à des erreurs telles que le sophisme naturaliste et l’appel inverse à la nature. Il argumente que notre politique et notre éthique ne devraient pas être conditionnées par ce que nous observons dans la nature, car de nombreux comportements naturels chez d’autres espèces seraient considérés comme répugnants ou immoraux chez les humains.
L’auteur conclut en avertissant que le plus grand danger réside dans le fait que cette idéologie progressive restreint la liberté de recherche scientifique et prive la science des avantages intellectuels et pratiques qui pourraient en découler. Il encourage les scientifiques à dénoncer les effets toxiques de l’idéologie sur leur domaine et à préserver la liberté académique nécessaire à la science.

